eSIM et roaming à l'étranger : le comparatif des offres suisses

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Ce que coûte vraiment internet en voyage

Trois façons de rester connecté à l'étranger, et l'écart entre elles se compte en dizaines de francs par voyage.

Le roaming de votre forfait suisse, quand il est inclus, ne coûte rien de plus sur le moment — mais vous le payez toute l'année, dans un abonnement plus cher, y compris les onze mois où vous ne quittez pas le pays.

Le roaming hors forfait, facturé au mégaoctet, est le scénario à éviter. C'est de lui que viennent les factures qui font parler.

L'eSIM de voyage s'achète pour la durée du séjour et pour la destination. Vous ne payez que ce que vous utilisez, quand vous l'utilisez.

L'arbitrage se fait sur la fréquence, pas sur le prix affiché. Si vous partez une ou deux fois par an, un forfait suisse allégé plus une eSIM par voyage revient presque toujours moins cher qu'un abonnement avec roaming permanent. Si vous traversez la frontière chaque mois, l'inverse devient vrai.

Combien de data pour un séjour ?

C'est là que la plupart des gens surpayent, parce qu'ils raisonnent comme à la maison alors qu'en voyage l'usage change de nature.

En déplacement, l'essentiel passe par les cartes, la messagerie, la recherche de restaurants et quelques photos envoyées. Le streaming vidéo, gros consommateur à domicile, disparaît presque : on est dehors. Et le wifi de l'hôtel absorbe les soirées.

Un repère utile : une semaine de voyage urbain tient dans trois à cinq gigaoctets pour un usage normal. Deux semaines, comptez le double. Les gros volumes ne se justifient que si vous travaillez à distance, partagez la connexion avec plusieurs appareils, ou voyagez sans wifi.

Notre catalogue va de moins d'un gigaoctet à cinquante. Le bas de la fourchette convient à un week-end ; le haut s'adresse à des séjours longs ou à du travail nomade.

Prenez au plus juste : la plupart des fournisseurs permettent de recharger en cours de route, souvent en quelques minutes. Acheter trop peu se corrige ; acheter trop ne se rembourse pas.

« Illimité » en voyage : ce que le mot recouvre

Près de la moitié de notre catalogue annonce des données illimitées. Ce n'est donc pas une exception, c'est une des deux manières de vendre un forfait de voyage — et le mot mérite d'être lu de près.

Un forfait illimité n'est pas un forfait sans limite. C'est un forfait dont la limite est exprimée en vitesse plutôt qu'en volume. Passé un certain usage quotidien, le débit est réduit : vous n'êtes ni coupé ni facturé, mais la vidéo devient difficile et les grosses pages traînent.

Certains fournisseurs ajoutent un filet après épuisement — une petite réserve mensuelle qui permet de consulter une carte, pas de travailler.

L'arbitrage est donc simple. Pour un usage de téléphone, l'illimité est confortable et vous évite de compter. Pour alimenter un ordinateur portable, un volume fixe généreux est souvent plus honnête : vous savez ce que vous avez, et personne ne ralentit rien.

Et il y a une seconde raison de se méfier de l'illimité quand on voyage avec un ordinateur, qui n'a rien à voir avec la vitesse.

Le partage de connexion, le détail qui décide

Le partage — le point d'accès mobile, celui qui transforme le téléphone en borne wifi — est ce qui sépare un forfait utilisable d'un forfait décevant. Presque personne ne le vérifie avant d'acheter.

Il compte dès que vous voyagez à deux, dès que vous sortez un ordinateur portable, dès que vous avez une tablette.

Ce n'est pas une caractéristique de l'illimité, c'est une politique de fournisseur. Dans notre catalogue, un seul plafonne systématiquement le partage — à un gigaoctet par jour, sur l'intégralité de ses forfaits, qui sont précisément ses forfaits illimités. La logique se comprend : un illimité est calibré pour un téléphone, pas pour alimenter un bureau. Mais l'effet est déroutant quand on ne l'a pas lu — vous avez acheté « illimité » et votre ordinateur portable s'arrête au bout d'une heure.

Les autres fournisseurs ne posent pas ce plafond, ou ne le documentent pas. Dans les deux cas, la règle pratique est la même : si vous comptez brancher autre chose que votre téléphone, vérifiez le partage avant le volume et avant le prix.

Notre comparateur indique le partage forfait par forfait, avec sa note de plafond quand il y en a une.

Forfait par pays ou forfait régional ?

Nous suivons douze destinations, dont un forfait mondial et un forfait Europe qui couvrent plusieurs pays à la fois. Le choix se fait sur l'itinéraire, pas sur le prix au gigaoctet.

Un seul pays, un forfait national. Il est presque toujours moins cher au gigaoctet, et souvent adossé au meilleur réseau local.

Plusieurs pays d'affilée, un forfait régional. Un forfait Europe couvre un circuit sans devoir jongler entre plusieurs achats. Le gigaoctet coûte plus cher, mais deux forfaits nationaux coûtent davantage — et l'un des deux finit toujours à moitié consommé.

Le piège des listes de pays. Un forfait « Europe » ne couvre pas la même liste chez tous les fournisseurs. Le Royaume-Uni, la Turquie, la Norvège et les Balkans sont les frontières où les listes divergent le plus. Vérifiez que votre destination y figure nommément, plutôt que de vous fier au nom de la zone.

Notre filtre par destination et la recherche par pays servent exactement à ce contrôle.

La devise d'affichage, et ce qu'elle coûte en plus

Un point que nous n'avons vu documenté nulle part ailleurs : une partie importante de ces forfaits n'est pas vendue en francs. Sur les 709 que nous suivons, trois sur quatre sont facturés en francs suisses ; le quart restant l'est en dollars ou en euros.

Cela change deux choses.

Le prix affiché n'est pas le prix débité. Votre carte applique son propre taux, et souvent une commission de conversion. Un ou deux pour cent sur un petit achat, c'est anecdotique ; sur un forfait de plusieurs dizaines de francs, cela s'ajoute au comparatif.

Le prix bouge sans que le fournisseur n'ait rien changé. Un forfait en dollars devient plus ou moins cher au gré du change, ce qui rend deux relevés à quelques semaines d'écart difficilement comparables.

Nous convertissons tout en francs pour que le classement ait un sens, et nous indiquons la devise d'origine. Un forfait affiché dans une autre devise n'est pas un mauvais forfait — mais son prix réel dépend de votre carte, et ce n'est pas nous qui pouvons vous le dire.

Quand acheter, quand activer

Ces deux dates ne sont pas la même, et les confondre est l'erreur la plus fréquente.

Achetez avant de partir, depuis la Suisse, sur votre wifi. Installer une eSIM demande une connexion internet — celle que vous n'aurez précisément plus une fois à l'atterrissage. Acheter à l'aéroport d'arrivée, sans réseau, est une situation désagréable.

Activez à l'arrivée, pas avant. Chez la plupart des fournisseurs, le décompte des jours démarre à la première connexion au réseau local, mais certains le font démarrer à l'installation. Une eSIM installée trois jours trop tôt peut avoir perdu trois jours de validité.

Lisez ce point précis sur la page du fournisseur avant l'achat : c'est la seule information dont l'erreur coûte directement des jours de forfait.

Et gardez le code d'installation. Il ne se réutilise généralement pas, mais il sert au support en cas de problème.

Les six fournisseurs que nous suivons

Le marché de l'eSIM de voyage s'est concentré autour d'une poignée d'acteurs, et nous suivons les six qui comptent pour un départ depuis la Suisse : Airalo, Saily, Ubigi, Nomad, Holafly et Yesim.

Ils ne se distinguent pas par la qualité du réseau — tous s'appuient sur les mêmes opérateurs locaux, et la couverture ne dépend pas d'eux. Ils se distinguent sur quatre points : le découpage de leur catalogue (par pays, par région, par durée), la politique de partage de connexion, la présence ou non de forfaits illimités, et la devise de facturation.

Aucun n'est meilleur en général. L'un est plus intéressant pour une semaine au Japon, l'autre pour un mois en Europe, un troisième si vous devez alimenter un ordinateur portable. C'est pourquoi nous les classons par prix pour une destination et une durée données, plutôt que de désigner un gagnant.

Ce qu'une eSIM de voyage ne remplace pas

Un point de sécurité qui vaut d'être répété, même brièvement.

Ces forfaits sont data uniquement. Pas de numéro de téléphone utilisable, pas d'appels, pas de SMS. Concrètement : les SMS de vérification de votre banque n'arriveront pas dessus, et les numéros d'urgence ne passent pas par cette ligne.

La bonne configuration consiste à garder votre ligne suisse active pour la voix et les SMS, données mobiles désactivées, et à réserver l'eSIM à l'internet. Les deux cohabitent sans conflit sur les appareils récents.

Le détail de cette configuration, la compatibilité des appareils et le fonctionnement de l'eSIM en général sont traités dans notre guide dédié.

Comment lire ce comparateur

Le classement par défaut est le prix croissant, converti en francs, sans pondération. Aucun forfait n'est remonté contre rémunération, et Comparasuisse ne perçoit aucune commission à ce jour.

Six filtres sont disponibles sur cette page : le fournisseur, la destination, la durée, le volume, le prix maximum, et une recherche par pays qui accepte plusieurs pays cumulés.

La durée et le volume sont les deux filtres à poser en premier : ils réduisent 709 forfaits à une poignée réellement comparables. Comparer un forfait de trois jours à un forfait de trente n'apprend rien.

Chaque forfait porte sa date de dernier relevé, sa devise d'origine, et sa politique de partage de connexion. Les prix sont relevés automatiquement sur les pages officielles des fournisseurs, pas saisis à la main.

Questions fréquentes sur le roaming et les eSIM

Quelle est la différence entre roaming inclus et roaming illimité ?

Le roaming inclus signifie qu'un quota fixe de data à l'étranger est compris dans le forfait (ex : 5 Go en Europe) — au-delà de ce quota, la vitesse est fortement réduite (128 Kbit/s en général) ou l'accès data est bloqué jusqu'à la fin du cycle mensuel selon l'opérateur. Le roaming illimité, plus rare, ne fixe pas de plafond strict de data à l'étranger mais s'applique généralement à une liste précise de pays (Europe, souvent + USA et Canada) et est soumis à une politique dite « d'usage raisonnable » (Fair Use), typiquement 40 à 60 Go par mois avant limitation. En Suisse, les forfaits mobiles avec du vrai roaming illimité incluent notamment Wingo Europe Max, Salt Europe XL, Mucho Europe Surf, Sunrise Swiss Connect Global Young, Post Mobile World et VTX Mobile Europe. Vérifie toujours la zone géographique et le seuil Fair Use exact dans les CGV de l'opérateur avant de partir.

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