Le comparatif indépendant des abonnements mobile, internet et TV en Suisse.
Le mot « prépayé » recouvre deux produits que tout oppose, et c'est la première chose à trancher.
La carte à forfait fonctionne comme un abonnement payé d'avance : vous achetez un bloc — data, appels, SMS — valable une période donnée. À l'échéance, il se renouvelle ou s'arrête. C'est la formule la plus répandue dans notre catalogue, et de loin.
La carte à crédit fonctionne comme un porte-monnaie : vous chargez un montant, et chaque appel, chaque SMS, chaque mégaoctet est décompté à l'unité. Rien ne se renouvelle, rien ne se perd tant que la carte reste active.
Le choix n'est pas une question de prix mais de régularité. Un usage stable d'un mois sur l'autre revient beaucoup moins cher en forfait. Un usage rare et imprévisible — une carte de dépannage, une ligne qui sert trois fois par an — ne justifie pas de payer un forfait mensuel qui ne sera pas consommé.
C'est le détail le plus coûteux de cette catégorie, et il ne figure sur aucune page produit en évidence.
Les forfaits prépayés ne se renouvellent pas tous au même rythme. La plupart tournent sur trente jours. Mais une partie tourne sur vingt-huit jours — et vingt-huit jours n'est pas un mois.
Sur une année, un cycle de trente jours vous fait payer un peu plus de douze fois. Un cycle de vingt-huit jours vous fait payer treize fois. Le prix affiché est identique, la facture annuelle ne l'est pas.
À prix mensuel égal, un forfait à vingt-huit jours coûte donc environ huit pour cent de plus sur l'année qu'un forfait à trente jours. Ce n'est pas énorme, mais c'est réel, et c'est invisible tant qu'on compare des prix mensuels.
Notre comparateur indique la période de renouvellement de chaque carte. Regardez-la avant de comparer deux prix qui se ressemblent.
La grande majorité des cartes à forfait se renouvellent automatiquement à l'échéance, tant que le solde le permet.
C'est commode et c'est la source de la plupart des mauvaises surprises. Deux situations méritent d'être connues.
Vous n'utilisez plus la carte mais elle continue de se débiter. Tant qu'il reste du solde et que le renouvellement est actif, le forfait se reconduit. Une carte oubliée dans un tiroir peut consommer plusieurs mois de forfait avant de s'arrêter d'elle-même.
Le renouvellement échoue faute de solde. Selon l'opérateur, la carte bascule alors en tarif à l'unité — souvent nettement plus cher — ou se suspend. Les deux comportements existent, et la différence se lit dans les conditions, pas sur la page produit.
Les cartes sans renouvellement automatique existent, en minorité. Elles demandent une action volontaire à chaque cycle, ce qui est contraignant mais ne réserve aucune surprise.
C'est l'information la plus utile de cette page, et la seule sur laquelle vous pouvez filtrer.
Les vingt-huit cartes de notre catalogue sont vendues par neuf marques, mais elles empruntent les antennes de trois réseaux seulement — Swisscom, Sunrise ou Salt. Une carte prépayée à cinq francs captera exactement comme un abonnement à quatre-vingts francs sur le même réseau. La couverture ne dépend pas du prix ni de la marque.
La répartition n'est pas égale : notre catalogue penche nettement vers un réseau, ce qui reflète les accords commerciaux du marché plutôt qu'une quelconque supériorité.
En pratique, choisissez d'abord le réseau qui passe bien là où vous vivez, puis comparez les cartes qui l'utilisent. Faire l'inverse — prendre la moins chère et découvrir qu'elle ne capte pas chez vous — est le scénario à éviter.
C'est le point où le prépayé se distingue le plus nettement de l'abonnement, et rarement à son avantage.
Certaines cartes incluent une enveloppe de données à l'étranger. D'autres n'en proposent aucune, et le tarif hors forfait s'applique. Sur une carte à crédit, cela peut vider le solde en quelques minutes.
La règle prudente en voyage : désactivez les données mobiles avant de franchir la frontière, et vérifiez ce que votre carte inclut réellement plutôt que de le supposer. Si vous partez régulièrement, une eSIM de voyage achetée pour la durée du séjour coûte presque toujours moins cher que le roaming d'une carte prépayée.
Notre comparateur indique pour chaque carte si des données à l'étranger sont incluses.
Les cartes les moins chères de notre catalogue sont très bon marché, et il est utile de savoir ce qu'on abandonne à ce niveau de prix.
Généralement : peu ou pas de données, des appels facturés à la minute plutôt qu'illimités, et aucune donnée à l'étranger. Ce sont des cartes conçues pour recevoir des appels et envoyer quelques messages, pas pour naviguer.
À l'autre bout, les cartes les plus chères de la catégorie ne sont pas des forfaits mensuels mais des packs de longue durée — plusieurs mois payés d'avance. Le prix affiché impressionne, le coût mensuel réel est modeste. Comparer ces deux extrêmes sur leur seul prix affiché n'a aucun sens.
C'est pourquoi la période de validité mérite d'être lue en même temps que le prix, systématiquement.
C'est l'usage où le prépayé reste imbattable, et il concerne beaucoup de monde.
Pour quelques semaines en Suisse, une carte prépayée locale évite le roaming d'un opérateur étranger — qui, hors Union européenne, se facture à des tarifs sans rapport avec le prix local.
Trois points à vérifier avant l'achat. La durée de validité doit couvrir le séjour : une carte à sept jours ne sert à rien pour trois semaines. Le renouvellement automatique doit être désactivé si vous ne comptez pas revenir. Et le volume de données doit correspondre à un usage de voyage, cartes et messagerie surtout.
Pour un séjour très court ou pour un appareil récent, une eSIM de voyage remplit la même fonction sans démarche en boutique.
Le second usage où le prépayé garde tout son sens : une ligne d'appoint.
Une ligne professionnelle séparée sans engagement. Un numéro dédié aux inscriptions et aux livraisons, pour préserver le numéro principal. Un téléphone de secours dans une voiture ou un chalet. Une ligne pour un appareil connecté qui n'envoie que quelques messages par mois.
Dans tous ces cas, le prix au gigaoctet est mauvais mais sans importance : ce qu'on achète, c'est l'absence d'engagement et de facture mensuelle sur une ligne peu utilisée.
Le seul point d'attention est celui de la section précédente : une deuxième ligne à renouvellement automatique se débite même inutilisée. Vérifiez le réglage à l'activation, pas dans six mois.
Deux limites structurelles, à connaître avant de choisir.
Pas de téléphone subventionné. Les offres d'appareil à prix réduit sont adossées à un engagement, que le prépayé n'a pas par définition. Un téléphone acheté avec une carte prépayée se paie plein tarif.
Pas de facture détaillée au même niveau. Le suivi de consommation existe, mais il est généralement plus sommaire que sur un abonnement — ce qui complique le contrôle des dépenses d'un tiers, alors même que c'est souvent la raison qui fait choisir le prépayé.
Ces limites ne sont pas des défauts : ce sont les contreparties de l'absence d'engagement.
Le classement par défaut est le prix croissant, sans pondération, et Comparasuisse ne perçoit aucune commission à ce jour.
Une précision d'honnêteté sur cette page : un seul filtre y est disponible, le réseau porteur. Nous n'en exposons pas d'autres parce qu'il n'en existe pas d'autres derrière — un contrôle qui ne filtrerait rien serait pire qu'un contrôle absent.
Le tri se fait donc à la lecture, sur trois colonnes : le type — forfait ou crédit —, la période de validité, et la présence de données à l'étranger. Ce sont les trois informations qui séparent réellement ces vingt-huit cartes.
Les prix sont relevés automatiquement sur les pages officielles des opérateurs, avec leur date de dernier contrôle.
Oui. L'anonymat n'existe plus sur le marché suisse du prépayé : tout titulaire de carte SIM doit être identifié, y compris sans abonnement. La forme change selon le canal d'achat. En boutique, on présente une pièce d'identité au comptoir et la carte repart activée. En ligne, l'opérateur demande soit le téléversement d'un document d'identité, soit une identification vidéo — la carte n'est utilisable qu'une fois cette étape franchie.
Concrètement, prévois ton passeport ou ta carte d'identité, et pour les résidents étrangers le permis de séjour. Une carte achetée en ligne un vendredi soir peut n'être active que le lundi si la vérification est faite manuellement.
Le prépayé gagne sur trois usages précis : un séjour court en Suisse, une consommation faible et irrégulière, et un deuxième numéro (professionnel, ado, dépannage). Pas d'engagement, pas de contrôle de solvabilité, pas de facture mensuelle — tu paies ce que tu charges.
L'abonnement gagne dès que tu consommes régulièrement, et l'écart est large. Un forfait comme GoMo Suisse à 9.95 CHF/mois donne de la data illimitée en Suisse, sans engagement et à prix garanti à vie — un budget qu'aucune recharge prépayée n'égale à volume équivalent. Le prépayé se paie cher au gigaoctet ; c'est le prix de la souplesse.
⚠️ Le piège classique : garder une carte prépayée « au cas où » en la rechargeant tous les six mois. Sur un an, ça coûte souvent plus qu'un abonnement d'entrée de gamme sans engagement.
Oui, et c'est le point le moins lu des conditions générales. Le crédit chargé a une date de péremption, et la carte elle-même est désactivée après une période d'inactivité prolongée — de 6 à 18 mois selon l'opérateur. Une carte désactivée, c'est le crédit perdu et le numéro libéré, donc récupérable par quelqu'un d'autre.
Les règles varient d'un opérateur à l'autre et il n'existe pas de norme suisse. Sur les 28 offres prépayées de notre catalogue, une seule publie sa durée noir sur blanc : Coop Mobile Prepaid, dont le crédit reste valable « tant que la SIM est active, avec un maximum de 12 mois d'inactivité ». Pour toutes les autres, la durée exacte est à vérifier dans les CGV de l'offre avant de charger un gros montant. La parade est simple — un appel ou un SMS suffit généralement à remettre le compteur d'inactivité à zéro.